Qu’est-ce que le job sharing ? Peu connue en France, cette forme innovante d’emploi – basée sur le partage d’un poste entre deux collaborateurs formant un binôme – se développe aux Etats Unis, au Royaume Uni ou encore en Suisse. Il présente un grand nombre d’avantages, pas seulement pour l’employé, mais également pour l’entreprise.

 

Définition

Le job sharing (partage de poste de travail) consiste à se partager un même poste de travail à plusieurs (en général 2 employés) en organisant entre-eux le temps et la répartition du travail. Le job sharing est un mode de travail qui apporte une alternative intéressante pour retenir les talents, et qui permet entre autres d’assurer une progression de carrière aux femmes. Cette forme d’emploi donne aux cadres supérieurs en particulier la possibilité de partager un poste à responsabilités, qu’ils assumeront à 2 en exerçant leur fonction à temps partiel et en mode flexible. Cette méthode permet aux salarié(e)s qui le souhaitent de réduire leur temps de travail pour consacrer du temps à leurs activités personnelles. Le job-sharing peut consister en diverses formes d’organisation :

  • le « job splitting » : le poste de travail est fractionnable en mi-temps indépendants tout en conservant une complémentarité entre les employés
  • le « job pairing » : le poste de travail n’est pas fractionnable et les employés sont interchangeables, l’employeur pourra s’adresser indifféremment à l’un ou l’autre des travailleurs pour l’exécution du travail. On distingue deux formes de « job pairing » :
    • le job pairing « pur »  qui lie un employeur et plusieurs employés par un seul contrat de travail (législation Suisse),
    • le job pairing « hybride » qui lie un employeur et plusieurs employés par des contrats de travail individuels.

Le job pairing « hybride » est la forme de job-sharing la plus répandue et correspond à la tendance actuelle lorsque l’on parle de partage de travail.

Cadre juridique

D’un point de vue juridique le job sharing s’apparente à du temps partiel : deux (ou plusieurs) salariés à temps partiel se partagent un poste à temps plein. Dans la législation française, il n’existe actuellement aucune dispositions légale particulière.

Dans la pratique, les responsables des ressources humaines (RH) devront se référer aux dispositions du droit du travail. Lors de la conclusion du contrat de travail à temps partiel (à durée déterminée ou indéterminée), les parties prenantes devront porter au préalable une attention particulière aux éléments suivants :

  • Les salariés ne sont liés par aucune relation juridique, mais ils sont co-responsables de l’exécution du travail et partagent la gestion des collaborateurs (en cas de poste à responsabilité)
  • Le concept de responsabilité et d’évaluation commune et/ou individuelle des objectifs et résultats (notamment la détermination de la rémunération variable).
  • Les salaires peuvent différer dans la mesure où ils sont fonction de l’âge, la formation, l’expérience et l’ancienneté de l’employé.
  • L’organisation du travail, des horaires et de la prise de vacances (l’employeur sera enclin à demander aux partenaires qu’ils planifient leurs vacances à des périodes différentes)
  • Le mode de remplacement, en cas d’absence prolongée ou du départ d’un des partenaires
  • Le mode de transmission des informations entre les employés et avec l’employeur
  • Le processus de décision en cas de désaccord

A qui s’adresse le Job Sharing ?

Le job sharing ou partage d’emploi offre un modèle de travail alternatif dont le recours peut être opportun à différentes périodes de la vie active. Il s’adresse ainsi aux :

  • Jeunes professionnels prêts à mieux intégrer l’entreprise à travers un échange intergénérationnel
  • Femmes et hommes dynamiques qui sont parents, ont à charge des proches ou qui souhaitent combiner un poste stimulant avec d’autres activités en dehors de leur profession
  • Seniors qui, peu avant la retraite ou une fois retraités, aspirent à rester actifs et à transmettre leur savoir tout en travaillant moins.

Enfin, le partage des postes de travail constitue un avantage au niveau sociétal, puisqu’il contribuerait à une répartition plus équitable des opportunités d’emplois et également, à une meilleure rentabilité de la formation.

Le Job Sharing en France

Le job-sharing est arrivé en France vers 1994 importé par la société HP (Hewlett Packard), mais il reste peu répandu parmi les entreprises françaises. En 2011, le centre d’analyse stratégique français (CAS) a établi un rapport sur les nouvelles organisations du travail conciliant égalité hommes/femmes et performance des entreprises qui a formulé 3 propositions dont celle d’entamer un dialogue avec les grandes entreprises afin de favoriser la mise en place de programmes de flexibilité du travail donnant aux employés un meilleur contrôle sur leur emploi du temps. A ce jour, la législation française reste muette en matière de job-sharing.

Quels pays pratiquent le Job Sharing ?

Aux Etats Unis, une enquète datant de 2008 menée par le Family and Work Institute faisait état de 31% des entreprises sondées qui proposaient le job sharing. Ce pourcentage s’est élevé à 46% la même année aux Royaume Uni (enquête menée par le Department of Work and Pensions). En Suisse 27% des 2.600 établissement sondés en 2014 pratiquaient le job sharing (selon l’Enquete Job Sharing 2014). Le site Capability Jane (GB) a publié une étude détaillée en 2011 (The Job Share Project)

Avantages

Avantages pour l’employé

  • Accès à des postes à responsabilité et plus stimulants, tout en travaillant à temps partiel
  • Plus grand degré d’expertise, de diversité et d’innovation en cumulant l’expérience et le savoir faire de deux personnes
  • Réseau professionnel élargi en cumulant les réseaux de deux personnes
  • Décisions partagées et donc plus éclairées
  • Continuité facilité en cas d’absence ou maladie imprévue d’un des employés du binôme
  • Conciliation vie personnelle / vie professionnelle
  • Réintégration professionnelle facilitée pour ceux ayant temporairement quitté le marché du travail

Avantages pour l’entreprise

  • Plus grande productivité et moins d’absence
  • Efficacité dans la prise de décision (décisions plus abouties grâce à l’échange entre les deux employés)
  • Davantage d’expérience et de compétence sur un seul poste (« deux têtes pensantes au prix d’une »)
  • Présence continue car les vacances sont prises à tour de rôle
  • Réduction du risque de burn-out, employés plus motivés et loyaux, car l’entreprise a répondu à leurs besoins et aspirations
  • Transfert de compétence au sein du binôme (en cas de job sharing intergénérationnel) et maintien du savoir faire dans l’entreprise
  • Elargissement des contacts et des réseaux professionnels en cumulant deux réseaux sur une seule fonction
  • Attractivité de l’entreprise sur le marché de l’emploi et promotion de la marque employeur (société pionnière en terme de flexibilité au travail, etc.)

Risques, défis et contraintes

Risques, défis et contraintes pour l’employé

  • La charge de travail peut augmenter proportionnellement comparé à un temps partiel (plus grand nombre de dossiers à traiter)
  • Requiert une bonne organisation du travail et une plus grande disponibilité en dehors des heures de travail (en cas de prises de décisions communes)
  • Potentielle pression de la part de l’employeur qui s’attend à ce que le modèle alternatif du job sharing fasse ses preuves
  • Nécessité de réunir de part et d’autre des qualités de flexibilité, générosité, confiance, transparence et capacité de remise en question pour une meilleure coordination interne
  • Conflit potentiel dans le processus décisionnel en cas de désaccord, notamment sur les décisions importantes dans les postes de dirigeants

Risques, défis et contraintes pour l’entreprise

  • Processus de recrutement et de suivi (évaluations, négociations, …) plus complexe car il faut gérer une personne au lieu de deux pour un seul poste
  • Coûts fixes potentiellement plus élevés si nécessité de 2 ordinateurs et 2 postes de travail, ainsi que des coûts de formation différenciés
  • Gestion des personnalités et des relations humaines plus délicate à gérer (si un interlocuteur est privilégié par rapport à l’autre)
  • Coût du transfert de l’information en cas de journée ou demie-journée en commun (réunions d’équipes, présence de tous les collaborateurs nécessaire)
  • Exposition au risque de conflit au sein du binôme (im

 Pour en savoir plus

  1. Site de The Job Share Project (Grande Bretagne)
  2. Site Go-for-jobsharing.ch (Suisse)

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