Interview réalisé par Judy Raffray

« Nous considérons que l’épanouissement des salariés est une responsabilité de l’entreprise (…) »

 

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House of Cadres a rencontré Emmanuelle Gaye-Pouédras, en charge du rayonnement interne et externe de la marque employeur du Groupe adidas en France. L’équipementier sportif, qui est au palmarès des entreprises où il fait bon travailler de Great Place to Work, considère l’épanouissement des salariés comme une responsabilité de l’entreprise. La flexibilité et la qualité de vie au travail en sont les principaux leviers.

adidas est une marque à laquelle les Français sont très attachés et à laquelle ils s’identifient notamment par le biais du football. Pouvez-vous nous présenter le Groupe adidas sur le plan des ressources humaines en France en quelques mots ?

Le Groupe adidas, ce sont 2 marques principales, adidas et Reebok, 17 milliards de chiffre d’affaires, 55 000 salariés dans le monde, un siège en Allemagne et une conviction très forte : le sport a le pouvoir de changer nos vies. En France, nous avons environ 700 salariés répartis entre le siège français en Alsace, deux bureaux en région parisienne, une force de vente et nos équipes magasins dans toute la France (environ 400 personnes). Notre politique Ressources Humaines est globalisée, mais chaque pays a un fonctionnement spécifique en raison des différentes réglementations et cultures locales.

Dans une entreprise qui porte des marques sportives fortes, est-ce que la souplesse et le bien-être au travail sont importants ?

Chez adidas, nous sommes convaincus que la performance durable passe par l’épanouissement individuel et collectif. Aujourd’hui, avec la digitalisation, il y a une porosité de la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Nous considérons que c’est une responsabilité de l’entreprise de le prendre en compte et d’adresser le sujet de l’épanouissement des salariés.

Comment nous le prenons en compte ? En développant une qualité de vie au travail et en offrant de la flexibilité aux salariés. Mais quand je parle de qualité de vie au travail, ce n’est pas seulement offrir de beaux bureaux (même si nous nous efforçons de rendre le cadre agréable !), mais aussi créer des conditions favorables pour que le salarié s’épanouisse dans un environnement en mouvement permanent.

Quels sont vos axes pour offrir de la flexibilité et de la qualité de vie au travail à vos salariés ?

Nous offrons tout d’abord de la souplesse aux collaborateurs dans leur façon de travailler. Ainsi, nous permettons le home office occasionnel pour répondre à des contraintes personnelles, comme attendre une livraison ou le passage du plombier. A titre personnel, ce matin j’ai travaillé de chez moi parce que j’avais besoin de ne pas être interrompue pour terminer un gros travail d’écriture. Le home office n’est pas du télétravail au sens juridique français du terme : le principe n’est pas de poser plus de cadre, mais au contraire d’offrir de la flexibilité au salarié s’il en a besoin ponctuellement. Dans le même ordre d’idée, en termes de souplesse horaire chez adidas on ne « pointe » pas. Seuls les salariés travaillant dans nos magasins sont évidemment soumis aux horaires d’ouverture des magasins.

Par ailleurs, le comité de direction a posé certains principes touchant à l’équilibre vie privée/vie personnelle. Par exemple, parmi ces principes, nous évitons d’envoyer des emails le vendredi soir demandant à quelqu’un de préparer un rapport pour le lundi matin. Nous avons aussi pris en compte les spécificités régionales de nos différents bureaux : nous évitons les réunions après 18 heures en pensant à nos collaborateurs alsaciens qui ont l’habitude de commencer tôt et finir tôt leur journée de travail mais nous évitons aussi les réunions avant 9h30 pour les Parisiens qui doivent prendre les transports en commun.

La qualité de vie au travail, c’est aussi aider les salariés dans leur quotidien en les déchargeant de certaines tâches pratiques qui prennent du temps et ne sont pas franchement épanouissantes. Nous avons ainsi mis en place une conciergerie. Un exemple tout simple, notre siège est en Alsace et emploie 200 personnes. En Alsace, il est obligatoire de mettre des pneus neige pendant la période hivernale. Pour éviter aux collaborateurs la corvée de prendre rendez-vous chez le garagiste, d’y aller puis de récupérer la voiture après l’installation des pneus, nous avons mis en place un service qui s’occupe de tout. Nous avons également des services de dépôt de pain, de paniers du marché, de pressing ou de commandes de capsules café etc…

Permettre le home office ponctuel et une certaine souplesse horaire n’est-ce pas compliqué pour le fonctionnement des équipes ?

Chez adidas, nos principes de fonctionnement sont simples. Chacun est responsabilisé ; nous avons tous une mission à accomplir et des objectifs à remplir pour contribuer à la performance de l’entreprise. Quand les collaborateurs savent ce qu’on attend d’eux clairement, ils sont capables d’organiser leur travail de manière autonome. Nous avons une manière directe de travailler : un esprit d’équipe et quand on a un problème on parle au manager comme on en parlerait à son coach.

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Vous évoquez la conviction forte d’adidas par rapport au pouvoir du sport de changer les vies, quelle place a-t-elle dans les politiques de ressources humaines ?

Au sein du Groupe adidas, nous avons cette singularité : nos salariés sont passionnés de sport. « Le sport a le pouvoir de changer les vies » est véritablement une mission que nous nous donnons tous. Elle se décline dans le cadre de nos engagements solidaires dans lesquels nos salariés s’impliquent mais aussi au quotidien dans ce que chaque salarié réalise au sein de son équipe. C’est ce qui donne du sens au travail de chaque collaborateur et au collectif. Les salariés y sont très attachés : d’ailleurs ils sont 85% à être fiers de travailler chez nous, peut-être parce que tout le monde se sent concerné par les performances de l’entreprise. Cette mission est un véritable liant. Nous avons en effet encore toutes les classes d’âge dans l’entreprise. Avoir en commun la passion du sport aide pour souder les générations.

Pour nous l’épanouissement des salariés passe donc par la possibilité de pratiquer un sport, de partager avec ses collègues des temps de convivialité et de s’engager dans l’un de nos deux associations partenaires (Siel Bleu et Unis Vers le Sport) A titres d’exemple, les salariés peuvent consacrer une demi-journée par mois à l’association Unis Vers le Sport qui met en œuvre des programmes d’éducation et d’insertion par le sport dans des quartiers dits « sensibles » de Strasbourg et sa région. En alternance, nous organisons un voyage solidaire sur le temps de travail pour des salariés bénévoles ou une Journée Solidaire.

L’entreprise évite d’organiser des réunions entre 12 et 14 heures. Ce moment reste ainsi un temps de respiration pour recharger les batteries en pratiquant le sport notamment. Pratiquer son sport le midi permet aux collaborateurs après leur journée de travail d’être disponible pour leur famille, leurs amis, bref pour leur vie personnelle. Cette possibilité de se régénérer permet à chacun d’être plus performant et d’être mieux avec son équipe. Quand on est tendu après une réunion difficile, c’est très utile de pouvoir se recharger avec de l’énergie positive en allant courir par exemple !

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